Première partie
Introduction
Lidée que lon se fait de la Musique Country se limite bien souvent à quelques clichés, grands espaces, cow-boys, blondes platine et idéologie réactionnaire. La réalité recouvre une situation infiniment plus complexe. Musique préférée des blancs du sud des États-Unis, elle appartient à lhistoire américaine, traçant une ligne continue entre les pionniers et lAmérique daujourdhui. La Musique Country a évolué par étapes successives mêlant ses propres genres à dautres cultures venues dEurope ou dAfrique, mais elle est également liée à la géographie de son pays. Pour ce qui est de la Danse Country, il est bien difficile débaucher une histoire, même sommaire, alors que les visions, les interprétations, les avis divergent entre les pays, les organismes et les danseurs eux-mêmes. Pour lAmérique profonde, la Danse Country est avant tout la danse en couple. Cest pourquoi, il serait bien audacieux de vouloir définir la Danse Country, tant la diversité des courants est grande. On peut donc dire, tout comme pour la Musique Country, quil ny a donc pas une Danse Country mais de multiples courants qui intègrent de nombreuses spécificités venues des danses telles que valse, polka, mazurka, square, cuban
dont elles sont issues. Nous essaierons donc de couvrir ce phénomène quest devenue la Musique Country et par le fait même, lévolution qua connue la Danse Country jusquà aujourdhui.
La Musique Country
ses origines
Aux États-Unis
Lorsque les immigrants anglais et irlandais sinstallent dans le massif des Appalaches, ils doivent affronter des conditions de vie rudes et misérables. Le dimanche, on se retrouve à léglise pour prier, chanter des cantiques et des airs traditionnels celtiques. Dans leurs montagnes, ces trappeurs, bûcherons, fermiers ne sont guère touchés par lautre musique Américaine, issue du classique mais aussi de la variété de cabaret. En quittant lEurope, langlais avait apporté avec lui dans son bagage, son violon, cest cela que découvrira lexplorateur « Cecil J. Sharp » en 1916 : une tradition intacte et quasi inaltérée. Il collecte environ 1700 ballades anglaises, écossaises et irlandaises, quil annote et qui constitueront une documentation remarquable sur les début de la Musique Country. Il découvre aux côtés de ces ballades inchangées, des paroles quil emprunte désormais à la vie des Appalaches. « Stephen Foster » sinspire aussi des thèmes entendus lors de ses voyages, et compose « Oh Susanna », interprétation qui a été reprise au cours des dernières années par le groupe « Yamboo ». Dautres compositeurs dont « George Cooper et James Bland » font de même et ont ainsi joué un rôle important dans la naissance dun folklore anglo-américain.
Mais lAmérique sindustrialise très vite, et vers la fin de 19ème siècle, lexploitation du charbon dans les Appalaches commence. Pour cela, il faut des routes, parfois des voies de chemin de fer. Cest ainsi que le massif souvre à la civilisation. Si beaucoup de blancs arrivent, attirés par largent possible à faire, il y a aussi de nombreux noirs qui fuient leur condition de vie (esclavage
). Pour les habitants déjà en place, le choc culturel est énorme, car cest la première fois quils voient des noirs. Ceux-ci amènent avec eux la guitare (quils avaient eux-mêmes repris aux Vaqueros Mexicains). Mais cet instrument est difficile à fabriquer et coûteux. Cest ainsi quau début du 20ème siècle se développe le banjo, car il a lavantage dêtre facile à fabriquer et plus aisé à la fusion des Appalaches. La fin du 19ème et le début du 20ème siècle voient une nouvelle vague dimmigrants arriver. Ils viennent dEurope et amènent avec eux leur tradition : Italie (mandoline), Tchèque et Polonais (valses, polka
). Parallèlement à tout cela, les îles Hawaii sont annexées par les États-Unis en 1898, et attirent lengouement de Américains pour ce territoire. Là subsiste une guitare introduite par les Mexicains en 1830, mais dont les Hawaiiens modifient le jeu : à plat sur les genoux en faisant glisser un tube de métal sur les cordes. Ce sont les spectacles hawaiiens qui sillonnent les États-Unis depuis lannexion en 1898, qui font découvrir aux Américains leur musique et cette nouvelle guitare (nouvelle façon aussi den jouer). Leur jeu est virtuose et rempli de swing, ce qui a pour effet de stupéfier les Américains. Cest en 1915 que les premiers enregistrements de musiciens hawaiiens sur le territoire américain se feront, et auront pour conséquence de devenir un élément à part entière de la Musique Country.
Mais comment se faisait connaître la Musique Country, et comment évoluait-elle? Une partie de la réponse se trouve dans les « tent shows ». Ce sont des théâtres ambulants qui circulent à travers tout le territoire à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle. Ces tournées de Vaudeville constituent souvent lunique attraction du village visité, et attirent par conséquent une foule énorme. Ce sont les chanteurs de Vaudevilles qui feront connaître (en partie) la Musique Country aux endroits les plus reculés, ce qui aura aussi pour conséquence de démontrer aux habitants des Appalaches quils peuvent vivre de leur talent musical. Cest sur ce modèle quapparaîtront bientôt les premiers « médecine shows », (spectacles ambulants qui ont pour but de vendre des remèdes douteux
) et qui présentent des artistes locaux. Peu à peu, certains de ces artistes acquièrent une certaine notoriété qui leur permet de sexporter. Cest ainsi que naît une musique commerciale appelée alors « Hillbilly Music » baptisée ainsi par « Al Hopkins » lorsque descendu de ses Appalaches pour enregistrer ; le producteur « Ralph Peer » lui demande quel style de musique il joue, il répond : « were just a bunch of hillbilly from North Carolina and Virginia. Call it anything you want ». Cest ainsi quest né le terme de « Hillbilly Music », signifiant littéralement : musique des péquenots.
Aux États-Unis, la Musique Country connut sa première période de popularité à la fin des années 1920, comme le montre le grand succès dinterprètes, tels que « Vernon Dalhart, Jimmie Rodgers ». « The Singing Brakeman », première vedette de la Musique Country qui influença « Wilf Carter » et, surtout, « Hank Snow », « la famille Carter » des États-Unis et plusieurs groupes instrumentaux.
Au Canada
La Musique Country fut introduite auprès des auditoires canadiens par la radio des États-Unis. Les premières émissions aux stations WBAP, Fort Worth (à partir de 1923), WLS, Chicago (WLS Barn Dance, 1924) et WLS, Nashville (Grand Ole Opry, 1925), tout comme celles, ultérieures, de linfluente station WWVA, Wheeling, Virginie, furent entendues dans de nombreuses régions du Canada. Les émissions de George Wade and His Cornhuskers à la station CFRB, Toronto, en 1928, et de Don Messer à CFOB, Saint-Jean, N.-B., en 1929, marquèrent bientôt les débuts de la Musique Country à la radio canadienne. Les violoneux américains Eck Robertson et Henry Gilliand sont cités comme les premiers interprètes Hillbilly des États-Unis à avoir enregistré en vue dune diffusion commerciale (Victor, 1922). Cependant, des instrumentistes traditionnels canadiens français enregistrèrent dès 1918, tel le violoneux « J. B. Roy » chez Victor. En 1925, Le catalogue Apex comportait déjà des 78 tours de plusieurs musiciens traditionnels canadiens anglais dont le violoneux « Percy Scott, Dennis OHara et Jock McDonald », de même que « Billy Russell », harmoniciste et joueur dukulélé.
En 1932, « Wilf Carter » adopta le nouveau style commercial et « A. Hugh Joseph » en fit lenregistrement chez Canadian Victor. Sa chanson « My Swiss Moonlight Lullabye » fut un succès national, le premier au Canada gravé par un Canadien. Sa popularité incita Victor à enregistrer dautres Canadiens, notamment « George Wade » (1933), « Hank Snow » (1936) et « Hank Larivière » (1941). Toutefois, le succès des disques canadiens demeura limité à cause de la nature restreinte et mal définie du marché au pays. Ainsi, durant de nombreuses années, la présentation individuelle de spectacles et le travail à la radio demeurèrent les principales activités des interprètes canadiens de Musique Country, notamment les groupes populaires au niveau régional tels que les « Gully Jumpers, Charlie Hannigan and His Montaineers, Billy Hole and the Livewires à Toronto, Bert Anstice », qui se firent entendre sur les ondes de la CCR à Montréal, et les « Red River Mates dAndy DeJarlis » à Winnipeg. Les « Cornhuskers » furent probablement le premier groupe country à faire des tournées à léchelle nationale, des Maritimes aux Prairies, durant les années 1930.
Au Québec
Cette popularité pour la Musique Country fut marquée par les premiers enregistrements, au milieu des années 1940, de « Paul Brunelle » et de « Willie Lamothe ». Elle était inspirée des styles des États-Unis plutôt que de la musique traditionnelle canadienne française et comportant un répertoire de chansons originales et de traductions de succès Américains. Les premières chansons de « La Bolduc » et du « soldat Roland Lebrun » montraient une certaine ressemblance avec le country au niveau du sentiment exprimé et des thèmes abordés. Dans La Chanson Québécoise (Montréal 1974), Benoit LHerbier écrivait :
le succès du western au Québec sexplique aisément. Comme les Américains moyens, les Québécois, en majorité cultivateurs, habitant la campagne, près de la terre, éprouvaient les mêmes sentiments devant la vie, lexistence et le monde
Leur monde de simplicité pleura la disparition de « La Bolduc », sattarda au « soldat Lebrun ». Le western leur apparut comme une suite logique. Dailleurs, les « chansons de cow-boy » possédaient les saveurs folkloriques, adaptées à un climat moderne. Dautres pionniers de la Musique Country au Québec dans les années 1940 et 1950 furent « Bobby Hachey, Marcel Martel, Paul Ménard, Roger Miron, Ti-Blanc Richard et Oscar Thiffault ». Plus tard, « Lévis Bouliane, André Breton, Denis Champoux, Julie et Paul Daraîche, Armand Desrochers, Elaine, Régis Gagné, Georges Hamel, André Hébert, Marie King, Carole Laure, Renée Martel, Patrick Norman, Claude Patry, Larry Robichaud, Jerry et Joanne, Gildor Roy et Rock Voisine » sajoutèrent au nombre des vedettes country. Le succès du « Festival Western de Saint-Tite », établi près de Shawinigan en 1968, témoigne de la grande vogue de cette musique au Québec.
Seconde partie
Sa croissance en popularité et sa diversification de style
Plusieurs facteurs contribuèrent à accroître la popularité de cette musique aux États-Unis. Le bouleversement social causé par la dépression des années 1930 et de la Deuxième Guerre mondiale rapprocha les gens des divers milieux et entraîna la fusion et le nivellement des goûts musicaux. On assista à lavènement des films de Hollywood mettant en vedette des « Cow-boys chantants » comme « Gene Autry, Tex Ritter et Roy Rogers », dont les styles étaient intentionnellement modérés afin de plaire au public des villes. Enfin, les auteurs compositeurs de « Tin Pan Alley » adoptèrent certains procédés superficiels de la Musique Country. Le Canada suivit ces tendances, pour les maintenir jusquaux années 1950. Elles furent marquées par la popularité persistante des « Carter, Snow et Earl Heywood », de même que par lémergence, entre la fin des années 1930 et le début des années1950 de nouveaux interprètes, notamment les « Bunkhouse Boys, les Hillbilly Jewels (incluant Joe Brown, plus tard le patriarche de la Family Brown) et Tex Cochrane » dans les Maritimes, « Sid Plamondor and His Western Pals » en Ontario, les « Happy Wanderers, Cammie Howard and His Western Five et Mac Beattie » à Ottawa, ainsi que plusieurs autres. Plusieurs des principaux violoneux du Canada commencèrent également leur carrière à cette époque.
Ailleurs au pays, les Provinces Maritimes incluant Terre-Neuve ont eu une Musique Country semblablement autosuffisante. Beaucoup des exécutants sinspirent, pour leurs chansons, de sujets locaux et de traditions folkloriques régionales, de même que de luvre dautres artistes country de lEst du Canada. Parmi ceux-ci, on note « Omar Blondah » (Terre-Neuve) et « Charlie MacKinnon » (Cap-Breton). Quelques interprètes de lEst canadien des années 1970, « Stompin Tom » « Connors, Harry Hibbs, Dick Nolan, Roy Payne, Michael T. Wall et dautres » ont misé sur leurs origines et ont connu une grande popularité dans les autres provinces, là où des émigrants de lest du Canada étaient venus sétablir, en particulier à Toronto.
Après son déclin en popularité au milieu des années 1950 en partie à cause de la montée du rock n roll, la Musique Country reprit du terrain au cours des années 1960, en sappropriant des éléments dautres styles populaires. Plusieurs artistes au Canada, tels « Tommy Hunter, les Mercey Brothers, Stu Phillips, les Rhytm Pals et plusieurs autres » abandonnèrent laccompagnement traditionnel, en faveur dun autre plus sophistiqué et dun style vocal country moins caractéristique. Réciproquement, « John Allan Cameron, Shirley Eikhard, Rita MacNeil et Anne Murray » entre autres, qui nétaient pas identifiés spécifiquement au country, furent influencés par cette musique et furent populaires auprès des auditoires country.
La fusion des chansons et de linstrumentation country, avec les rythmes et attitudes rock qui ont eu lieu à la fin des années 1960 dans la musique des « Byrds, de Poco » et dautres groupes Américains, fut annoncée par lensemble « Great Speckled Bird » associé à « Ian and Sylvia », et adoptée par la suite au Canada par les « Good Brothers, Ronnie Hawkins, Danny Hooper, Murray McLauchlan, Sue Medley, Matt Minglewood, One Horse Blue, Colleen Peterson, Prairie Oyster, Rock n horse et Jesse Winchester », pendant une partie ou la totalité de leur carrière. Un important courant de Musique Country sest aussi manifesté tout au long des années 1970, 1980 et au début des années 1990 chez des artistes établis ou plus jeunes, tels que « Carroll Baker, Bootleg, Marie Bottrell, Canadian Zephyr, Glory-Anne, Terry Carisse, Errol Ranville, le C-Weed Band, Eddie Eastman, Family Brown, Gary Fjellgaard, George Fox, Gilles Godard, Dallas Harms, le Midnite Rodeo Band, Anne Murray, Chris Nielson, Anita Perras, Ronnie Prophet, Donna Ramsey, Lee Roy, R. Harlan Smith, South Mountain, David Thompson et Laura Vinson ».
Beaucoup de chanteurs ou groupes des années 1980, dont « Blue Rodeo, Ray Condo and the Hard Rock Goners, les Cowboy Junkies, les Dots, Grevious Angels, Junior Gone Wild, Rang Tango, les Razorbacks et surtout K. D. Lang ont intégré de nouveaux éléments aux styles country traditionnels ou, à linverse, des éléments country dans la musique rock et pop, tout en présentant cette musique à un plus vaste public. Lang a également participé au mouvement néo-traditionnaliste des années 1980, comme la fait le « Great Western Orchestra ».
Troisième partie
Old Time Music
La venue du phonographe aura permis la propagation de la musique aux États-Unis. Il a été commercialisé au début du 20ème siècle, surtout dans les régions urbaines des États-Unis avant la Première Guerre mondiale. La production de disques était donc essentiellement tournée à ce moment-là vers le public urbain du nord, avec la musique classique, les opéras et beaucoup dairs à la mode. La guerre finie, le niveau de vie augmente. Parallèlement à cela, le coût de production du phonographe diminue et permet la fabrication en série de cet appareil, ce qui aura pour conséquence den augmenter les ventes et par le fait- même la diffusion de la musique. Puis apparaissent des maisons de disques qui deviendront vite très importantes. Tout naturellement, celles-ci vont rechercher de nouveaux marchés, de nouvelles musiques.
Vu le potentiel du Sud jugé très prometteur ainsi que la multiplication des styles musicaux et des programmes que passent les radios locales, de nouvelles possibilités vont souvrir. Il faut savoir quen 1922, le Sud comptait déjà 500 stations de radios. Leurs émissions de radio étaient destinées essentiellement à un public rural, dont le niveau de vie ne cessait daugmenter; elles étaient souvent faites dans des hangars ou des granges désaffectées et il nétait pas rare que le samedi soir, les familles entières se réunissaient autour de la radio afin découter les musiques, ce qui multipliaient encore les possibilités datteindre lauditoire. La demande pour obtenir les disques des artistes entendus à la radio se fait de plus en plus grande. Fort de ce succès, deux de ces artistes qui avaient lhabitude de passer à la radio décident de tenter leur chance à New-York en 1922. Lun sappelle « Eck Robertson » (né en 1887 dans lArkansas), lautre sappelle « Henry Gilliand » et est âgé de 74 ans. Ils gravent 6 titres les 30 juin et 1er juillet 1922 : 2 sont des duos de violons, 2 des solos par « Eck Robertson », et les 2 autres pièces sont jouées accompagnées dun pianiste de studio. Cest un an plus tard que la maison de disque « Victor » décide de les commercialiser sous forme de 78 tours : « Sally Goodin et Arkansas Traveler ». Contre toute attente, le succès est tout à fait conséquent, et notamment bien sûr, dans le sud Appalachiens. Involontairement, « Eck Robertson et Henry Gilliand » venaient de graver sur disque les premiers morceaux de Musique Country. Suite à leur succès, des découvreurs de talents partent dans le sud et enregistrent des centaines dartistes, à laide de studios mobiles quils installent dans des granges, des chambres dhôtels, des boutiques de disques, ou bien avec laide de studios de radios locales. Le centre naturel de cette nouvelle activité allait vite être « Nashville », seule ville dimportance dans le sud des Appalaches, et lieu de rencontres économiques, commerciales et musicales.
Dès 1925, une station de radio de Nashville qui est financée par une compagnie dassurance, présente un programme hebdomadaire sur la musique « Old Time ». Cette émission va atteindre rapidement une extrême popularité avec le présentateur « Georges D. Hay » qui lui donnera le nom de « Grand Ole Opry », du nom de lémission qui suivait sur la musique classique. Le nom « Grand Ole Opry » restera définitivement lié à cette émission. Dès 1932, « George D. Hay » organise sous des chapiteaux, des spectacles au modèle de lémission de radio, et qui attirent alors des foules gigantesques. C'est en 1941 que le « Grand Ole Opry » emménage au « Ryman Auditorium ». Cette année là, le réseau NBC rachète le réseau et diffuse lémission à travers tous les Etats-Unis. Au fil des ans, le « Grand Ole Opry » devient une institution et un passage obligatoire pour des musiciens qui vont ouvrir la voie au professionnalisme. Quelques-uns de ces premiers professionnels qui enregistraient sans musiciens de studio, et dont luvre musicale est aujourdhui incontestable ont inspiré les générations suivantes. Ce sont entre autres « Jimmie Rodgers et la Famille Carter » qui est composée de « A. P. Carter » son épouse « Sara » ainsi que sa belle-sur « Maybelle ». Ce groupe interprète des ballades en chantant en harmonie derrière un leader . Il ont un répertoire de plusieurs milliers de chansons, leur jeu de guitare est des plus fluide et délié. Ce style de guitare appelé le carter style utilise les cordes basses pour jouer les mélodies, tout en conservant le rythme en brossant les cordes aiguës maintenues sur laccord; cest un des facteurs déterminants du succès de la « Famille Carter ». Pour « Jimmie Rodgers », il apparaît en fait comme un chanteur de blues. Durant sa courte carrière, il grave plus de 111 faces, dont la majorité sont des compositions personnelles tirées de son expérience avec une prédominance pour le blues. Il est sans doute le premier véritable soliste de cette musique. En effet, il a atteint une notoriété nationale grâce à sa personnalité et son style de musique. Il a également créé beaucoup de vocations dont celle de « Gene Autry et Hank Snow ». Par ailleurs « Jimmie Rodgers » a bouleversé totalement la Musique Country; il la fait sortir du cocon montagnard Appalachien, personnifié par le style « Old Time » et lui a donné son ampleur. Sa figure légendaire a suscité un véritable culte et cest à juste titre quil fut le premier artiste a avoir été élu au « Country Hall Of Fame » en 1968 (musée à la gloire de la Musique Country). Il est reconnu et salué comme le véritable fondateur de la Musique Country.
Cest au cours du 20ème siècle que louest Américain se peuple lentement au prix de nombreuses batailles avec les indiens. Cela donne bientôt naissance à de petites villes. Ces grands espaces sont surtout peuplés par les grands troupeaux de vaches que mènent les fameux cow-boys. Sur place, quelques journaux relatent la vie locale souvent en amplifiant les faits, et dont lexactitude de ces derniers reste à prouver. Pourtant, cest en vantant les mérites de lOuest que bientôt tous les États-Unis, et même lEurope entière se passionneront pour le « Far West ». Cest là que limage romantique et fantastique du cow-boy est née. Cette image simpose bientôt avec force dans la littérature, le cinéma et aussi la musique. Bientôt, tout ce qui fait référence au « Far West » connaît un succès populaire. Si pourtant la saga de louest a bel et bien existé, la musique western, celle avec les « Cow-boys chantant » na eu que peu de temps pour se développer et ainsi donner naissance à un courant suffisamment important. La musique western, qui sest véritablement constituée dans les années 1920 - 1930, sest donc principalement appuyée sur lauthentique « Cow-boy chantant ». Cest dans la solitude des cow-boys qui vivaient très durement et précairement, qui avaient toujours le risque dun danger physique, qui ne dormaient pas assez et qui navaient aucune femme, que naissent les chants de cow-boys. Ceux-ci sont basés à lorigine sur un poème écrit traitant de la vie de louest et paru dans un journal local, puis chanté par un cow-boy sur un air du répertoire connu anglo-irlandais, qui transmet cela à ses compagnons, et qui eux-mêmes, font de même
En fait, tous les thèmes étaient chantés sur les 4 ou 5 mêmes airs de base, sans accompagnement musical. Ces chants de cow-boy servaient surtout à rompre la monotonie et la solitude avec soi-même, ce qui peut expliquer quaucun cow-boy ne fut réellement bon chanteur et bon musicien. Si lon ajoute à cela la période des grands troupeaux, qui ne fut que très brève (1875 1900), on comprend que lhéritage musical ne peut être que très pauvre. Toutes ces ballades vont bientôt passer dans le répertoire de la Musique Country par le biais des « Cow-boys chantant » du cinéma parlant. Ces westerns que tournent de véritables Cow-boys, font voir au monde la vie de louest. Mais si ces acteurs sont de vrais Cow-boys, ce sont de bien piètres comédiens, et bien souvent, on saperçoit que leur jeu est plutôt catastrophique. Pour masquer tout cela en 1930, on décida de les faire chanter plutôt que parler, ceci dans le but de cacher leurs défauts délocution. Le résultat est alors inattendu : le succès est considérable. Le film est « The Wagon Master ». Lun de ces célèbres chanteurs est nul autre que « Gene Autry », qui avait pris la place du « Cow-boy chantant » dans un film, afin de cantonner ce dernier uniquement aux scènes de bagarres et dactions. Dautres célébrités sont : « Roy Rogers du groupe Sons of The Pioners et Patsy Montana » avec le très célèbre « I Want To Be A Cow-boy Sweetheart » en 1935. Mais dès 1945, avec lévolution du cinéma, des technologies, et le besoin de renouveau, le style sétouffe peu à peu. Cest en 1955 que « Rex Allen » devient le dernier « Cow-boy chantant » du cinéma avec le film « Down Laredo Way ».
Dans les années 1930, la musique montagnarde ne change presque pas mais poursuit un approfondissement et un prolongement de la tradition Old time. Nashville et le « Grand Ole Opry » se flattent de résister à la corruption de la Musique Country. Vedette du « Grand Ole Opry », « Roy Acuff » forme un petit orchestre, « les Smokey Mountain Boys (Speckled et Wabash Cannon Ball) ». En modernisant constamment son orchestre, « Roy Acuff » a peu à peu joué un rôle de défenseur farouche de la tradition montagnarde au « Ole Opry ».
Au début des années 1940, cest toute la musique traditionnelle Appalachienne qui est en déclin. De plus, linfluence de la Musique Country dorigine montagnarde se ressert géographiquement pour se situer autour de Nashville et des États du Sud Appalachien. Face à cette situation, il devient de plus en plus inévitable que la Musique Country souvre aux autres sons modernes de la musique du Sud Ouest pour quelle puisse survivre.
Quatrième partie
Western Swing....
Cest dans les années 1930 quest né le « Western Swing » au Texas. Un État alors relativement peu peuplé. Mais le pétrole change tout cela et attire de nombreuses personnes dans ces lieux semi-désertiques, alors ouverts à toutes sortes de musiques, mais surtout influencés par le jazz de la Nouvelle-Orléans et la musique mexicaine. Il y avait bien le chant Cow-boy et la tradition anglo-irlandaise, mais ils ne simposaient pas vraiment. Le Texas, de par son exploitation pétrolière, se peuple rapidement jusquà la fin des années 1920. Les nouveaux habitants apportent avec eux la tradition de leur région, notamment celle des orchestres à cordes des Appalaches, mais aussi les réunions communautaires du samedi soir. Les Texans ont du mal à accepter la morale des gens venus des Appalaches, ainsi que les danses où lon ne se touche pas vraiment. Ces réunions du samedi soir connaissent un très grand succès, de sorte que les salles devenues trop petites, sagrandissent au point tel que lon nentend bientôt quasiment plus les orchestres jouer. Les orchestres eux aussi sagrandissent rapidement, y ajoutant des cuivres comme à la Nouvelle-Orléans, une section rythmique basse, batterie, et ensuite des instruments électriques empruntés au blues et au jazz.
La musique texane des années 1930 sert surtout à distraire et à faire danser, souvent sur des paroles absurdes et des jeux de mots douteux. Cette musique dégage par-dessus tout un swing irrésistible, doù le nom quon lui a progressivement attribué. De nombreux artistes de « Western Swing » ont également joué dans des westerns cinématographiques. Cependant le « Western Swing » a ouvert la voie à tous les autres genres de la Musique Country, dans laquelle on a introduit limprovisation instrumentale. Il existe deux phénomènes musicaux particuliers quil ne faut pas négliger. Il sagit tout dabord de la musique cajun, qui se caractérise par une prédominance du folklore français imbibé de blues noir et de violon Appalachien. À côté du traditionnel violon, linstrument privilégié de la musique cajun, il y a laccordéon apporté par les allemands au cours du XIXième siècle. La musique cajun va incorporer à ses composantes dautres éléments comme le « Western Swing » et le Rythm and blues noir des années 40. Le second phénomène qui est très particulier est celui de « Woody Guthrie ». Compositeur de textes très littéraires chaleureux et généreux, il sexprime dans la plus pure tradition country. Son style de guitare est inspiré de « Maybelle Carter » de la « Famille Carter ». Très fidèle à sa personnalité, « Woody Guthrie », restera en marge de ce courant.
Lun des pères fondateurs de ce style nest nul autre que le célèbre violoniste « Bob Wills », grand ami du père de « Lee Roy Parnell ». Il y eu aussi « Milton Brown, Bill Boyd, Spade Cooley ». Cependant, laprès-guerre sonne le déclin du « Western Swing », avec entre autres larrivée des « Juke-Boxes », plus rentables que les grands orchestres de « Western Swing » qui séteignent doucement dans les années 1950.
Les bouleversements de laprès-guerre, les doutes, les interrogations, lexistence du sud rural prolétaire, lincorporation massive des jeunes dans larmée vont influencer grandement la Musique Country. Linnocence et la naïveté des thèmes des années 1930 laissent place progressivement à la nostalgie et à lamertume. Cest ce quexplique dans sa chanson « Ted Daffan » avec « Born To Lose » qui devient un succès auprès des travailleurs sudistes. Ce morceau a été superbement repris par « LeAnn Rimes ».
Dès lors, des sujets tabous, autrefois interdits dans la Musique Country y font leur apparition : le divorce, lalcool, linfidélité, le tabac, la vie dissolue
La morale dhier est encore trop proche pour ne pas laisser de traces, cette nouvelle vie est vécue comme une trahison, une débauche. Cest ainsi que peu à peu, cette musique amère, désabusée et pessimiste devient prédominante dans le country. Le lieu central daction de ces chansons sont les bars miteux, les « Honky Tonk ».
Après laprès-guerre, les grandes maisons de disques ont du mal à trouver les goûts musicaux de lauditoire. Cest dans ce flou artistique, alors que les coûts de production et de fabrication de disques diminuent que les labels indépendants voient le jour. Ils essaient dès lors doccuper des créneaux peu exploités par les majeurs. Ces musiques sont souvent le résultat du brassage de populations minoritaires, cest ainsi que de nouvelles compagnies indépendantes vont donner le jour au « Honky Tonk ».
Honky Tonk....
Né vers les années 1940, le « Honky Tonk » prend ses racines dans la grande crise de 1930 et dans le pessimisme prédominant de cette décennie. Le « Honky Tonk » est le prolongement logique de la Musique Country dans son histoire. En fait, il succède au « Western Swing » au fur et à mesure que la formule des grands orchestres devient plus viable.
La formation dun groupe de « Honky Tonk » est souvent la même : un chanteur (souvent guitariste), une guitare électrique, un violon, un piano, une contrebasse, une batterie et une steel guitare qui devient un instrument prédominant à cette époque, et qui aujourdhui reste encore un emblème du country. Venu à lorigine du Texas, le « Honky Tonk » devient aussi la musique préférée des Appalaches, ce qui est étonnant, puisque cest la réunion dun style moderne et dun style nettement plus traditionnel. A la fin de la guerre, les groupes de Nashville sinspirent énormément du style jazz hot qui vise à faire danser. Cest le mélange du style Appalachien et de la musique de louest : « Carl Smith, Ernest Tubb (la chanson « Walking The Floor Over You » connaît un énorme succès en 1942), Merle Travis, Lefty Frizzel (repris récemment par « Merle Haggard » avec « If You Got The Money, Ive Got Yhe Time » qui date de 1950), Tennessee Ernie Ford
Étant écrivain, dessinateur, compositeur, acteur de cinéma, chanteur et guitariste « Merle Travis » devient un des pionniers du « Honky Tonk » à partir de 1946. Il grave une série de pièces rythmées, pleines de verve et dhumour « So Round, So Firm, So Fully Packed
». Il a eu beaucoup dinfluence sur « Chet Atkins et Doc Watson ». En 1946 « Hank Thompson » débute dans le genre « Western Swing ». Il devient vite une vedette du « Honky Tonk » avec « Wild Side Of Life », car il a su adapter sa musique pleine de swing et dhumour aux nouveaux courants de la Musique Country.
Le « Honky Tonk » était vraiment le mixage de tous les styles de country davant-guerre, et a vu la synthèse de sa particularité au sommet, avec un chanteur qui apparaissait comme un pur chanteur « Honky Tonk »; celui-ci a influencé la plupart des musiciens actuels et jai nommé « Hank Williams ». Ses chansons « Cold Cold Heart, Jambalaya, Your Cheat Heart » ont été reprises par tous les grands de la Musique Country, mais aussi par des gens comme « Ray Charles, Elvis Presley, Tony Bennett
». Il est mort alcoolique à 29 ans alors quil était une superstar
Il sera élu au « Country Hall Of Fame » en 1961 et il se révèle comme une des figures emblématiques de la Musique Country.
Il apparaît alors de nouveaux artistes qui nutilisent pas les sons jazzy du « Honky Tonk ». Cest le cas par exemple de « Slim Whitman » ou encore « dHank Snow ». Ce dernier devenu vedette au « Grand Ole Opry » a toujours lutté contre la sur-commercialisation de la Musique Country.
Parallèlement à cela se développe un courant féminin de la Musique Country. La guerre, qui donne une autre place économique et sociale à la femme, provoque ce changement. Ces solistes féminines se partagent dorénavant la vedette avec les solistes masculins, alors que quelques années plus tôt, leur présence était surtout à lintérieur de groupes. Voici quelques exemples de « Honky Tonk Girls ». Dabord « Kitty Wells », première grande vedette féminine (qui a commencé en duo avec son mari « Johnny Wright ») ; elle simpose en solo en 1952 avec « It Wasnt God That Made Honky Tonk Angels ». Il y a aussi « Laverne Williamson » qui mêle la tradition montagnarde aux rythmes du « Honky Tonk ». En outre, « Jean Shepard » est considérée comme le modèle féminin du « Honky Tonk », alors que « Rose Maddox » influencée par le « Western Swing » va se distinguer par sa musique swingante qui la fera apparaître comme une précurseur du « Rockabilly ».
Le « Honky Tonk » connaît un succès commercial sans précédent, les ventes atteignent des sommets. De nos jours encore le « Honky Tonk » a toute sa place, et ce nest pas des artistes comme « Heather Myles » ou bien même « Alan Jackson » sur bon nombre de ses morceaux qui contrediront cet état de fait.
Cinquième partie
Bluegrass
Dans les années 1940 1950, le « Honky Tonk » est triomphant, faisant même lunanimité. Cest en partie en réaction à cette débauche morale et musicale que « Bill Monroe » se présente comme un fervent défenseur de la tradition montagnarde et de la musique « Old Time ». Débutant dans les années 1930, mais némergeant réellement que dans les années 1930 1940, le « Bluegrass » est à son heure de gloire dans les années 1940 à 1950. Utilisant des instruments traditionnels acoustiques, « Bill Monroe » au doigté très rapide, et « Earl Scruggs » développent la virtuosité du jeu, notamment de la mandoline mais aussi du banjo, et surtout ces fameuses harmonies vocales avec une justesse de chant impressionnante.
La particularité du « Bluegrass » est la succession de solistes, souvent virtuoses, qui improvisent, choses reprises aux petites formations de jazz, mais avec les instruments typiques du « Bluegrass », tels que la mandoline, guitare, banjo, contrebasse, dobro et violon. Si le « Bluegrass » se veut réactionnaire vis-à-vis du « Honky Tonk » ou du « Western Swing », il nen est pas moins révolutionnaire dans le jeu et loriginalité. Par ailleurs, le « Bluegrass » a pour objectif de redonner des morales et de stopper les exagérations du « Western Swing » puis du « Honky Tonk ». « Bill Monroe » se veut un défenseur de la morale et de la tradition. Ce nest pas pour rien quil se présente en scène avec un costume et un grand chapeau blanc.
De nos jours, et depuis la bande originale du film « OBrother », le « Bluegrass » fait un impressionnant retour en force. Bien que depuis son invention, il ne soit jamais disparu, les années 2000 montrent un intérêt grandissant pour ce retour aux racines. En effet, quel bonheur découter des artistes actuels se faire plaisir sur de la musique acoustique, tel quil y avait voilà 60 à 70 ans, mais avec une qualité sonore de beaucoup supérieure.
Écoutez « Patty Loveless » faire des prouesses vocales sur son album « Mountain Soul » sorti en 2001, ou bien encore lintégralité des discographies de « Rhonda Vincent et Alison Krauss », bien que mélangeant « Bluegrass et Folk », « The Lynn Morris Band
». Plus étonnant, des artistes qui sortent de leur registre habituel et qui excellent dans un petit morceau de « Bluegrass ». « Garth Brooks » avec « Dont Cross The River » sur son dernier album « Scarecrow », mais aussi « Alan Jackson » qui rend hommage à « ZZ Top » sur le tribute « Sharp Dressed Men », et même « Travis Tritt » qui fait la seconde voix sur certains morceaux de lalbum de « Patty Loveless ». Sa Compilation « OSister », sortie dernièrement, vous fera découvrir les meilleures artistes « Bluegrass » féminines daujourdhui. Mais nhésitez pas non plus à vous plonger à la rencontre des grands dhier, tels les « Lester Flatt, Stanley Brothers
». Sachez que le premier morceau enregistré par le « King Elvis » ne fut autre que « Blue Moon Of Kentucky » de « Monroe et Scruggs ».
Hillbilly Boogie
Arrivant du « Western Swing » mais plus influencé par le gospel et le blues, « Moon Mullican » va apporter une nouvelle manière de jouer le piano sur un tempo original : le « Boogie » (Boogie Woogie) : ce style sappellera le « Hillbilly Boogie » (Hillbilly, en référence au origine country).
Le « Hillbilly Boogie » a connu son heure de gloire dans la période 1940 1950 avec la guitar boogie « dArthur Smith »; le « Hillbilly » des « Delmore Brothers » va, avec les uvres de « Merle Travis » et grâce à une grande prédominance acoustique, jeter les bases de la musique moderne. On saccorde à dire aujourdhui que le « Hillbilly » va donner naissance au « Rockabilly », au « Rock n Roll » et au « Rythm an Blues » : mais il nest nul besoin de se rappeler quun « Bill Haley » fut dabord un chanteur de « Hillbilly Country ».
Cette évolution est vraiment essentielle pour la Musique Country, car elle donne ses racines à la Musique Country moderne appelée : la « Country and Western ».
Cajun
Cette musique est née fin du 18ème siècle, mais fut influencée tout au long de son histoire. La musique « Cajun » est un mélange de genres musicaux et dinfluences culturelles. Ses racines puisent dans le vieux folklore français des Cajuns, mais sentendent aussi dans la musique américaine, amérindienne, allemande, espagnole et africaine.
Les colons français installés dans la province canadienne dAcadie en 1604, furent déportés par les Anglais au milieu du XVIIIième siècle, trouvant refuge en Louisiane dans les marécages (Bayous) de la région de Lafayette. La Louisiane devenant américaine en 1803, le peuple cajun maintint la tradition musicale, linstrument traditionnel était à lorigine le violon, mais laccordéon diatonique sest vite imposé au début du 20ème siècle.
Cest en 1928 que les premiers disques de Musique Cajun furent enregistrés par « Joseph Falcon » notamment les célèbres « Lafayette et The Waltz ».
À lorigine inspirée du folklore français, le Musique Cajun assimila successivement les influences des cultures musicales avoisinantes, utilisant outre laccordéon, le fiddle du « Western Swing » ainsi que les rythmes du blues, du rock de la Nouvelle-Orléans, mais en conservant dans le répertoire, des valses et ballades. La Musique Cajun connaît deux styles : la « Cajun » proprement dit (traditionnel) et le « Zydeco » (style haricot) de « Clifton Chenier » dont le célèbre « Joe Blon » « dHarry Choates » est reconnu comme un des plus grands succès de la Musique Country. De nos jours, cette musique connaît un véritable essor et fait partie intégrante des musiques régionales dAmérique du Nord. Il existe un nombre important dartistes et dinterprètes de ce style musical : « Zacharie Richard, Alfonse Ardoin, Dennis McGee, Michael Doucet, Sady Courville, Bee Deshotels, Wallace Read, Milton Molitor, Alex Broussard, Doc Guidry » et bien dautres encore !
Mais la chanson la plus célèbre consacrée aux habitants des Bayous est sûrement « Jambalaya » de Hank Williams » dont la paternité des paroles fut également revendiquée par « Moon Mullican ». Ce dernier fit un succès avec « New Joe Blon ». On peut dire que « Williams et Mullican » furent les précurseurs du « Rockabilly » et du « Rock n Roll ».
Rockabilly
Cest dans les années où la Musique Country semble la plus prospère quelle connaît sa plus grande crise. Cest dans cette euphorie que la Musique Country na pas vu venir la vague contestataire du « Rockabilly ». Les termes « Rock » et « Roll » étaient usuellement employés par les chanteurs noirs pour inviter à la danse. Mais une connotation érotique contenue dans un second degré les avait fait bannir du vocabulaire des chanteurs blancs.
On sait que linfluence noire a été constante sur la Musique Country. Avec le « Honky Tonk », cest toute la Musique Country qui est imbibée dinfluences noires. Dès lors, la Musique Country comprend de plus en plus de « Boogie Woogie ». « Arthur Smith, Merle Travis, Moon Mullican, Hank Williams » apparaissent comme les précurseurs du Rockabilly.
En 1952, « Alan Freed » va plus loin en proposant un programme radiophonique de musique rythmée du nom de « Moondog Rock and Roll Party » pour le public blanc, avec une majorité de chanteurs noirs. Le succès sera tel quon donnera son nom à cette nouvelle musique.
Pendant la même période, « Bill Haley » un chanteur guitariste, fanatique de « Western Swing » et de « Rythm an Blues », connaît une grande popularité. Avec « Rock Around The Clock » en 1955, « Bill Haley » transforme son succès en un véritable phénomène de société et fait du « Rock n Roll » la musique des jeunes de toute lAmérique.
Cest sous limpulsion de « Sam Phillips » que ce nouveau genre de musique va se faire connaître véritablement. « Sam Phillips » fasciné par le feeling des chanteurs noirs se met à la recherche dun jeune blanc qui serait capable de faire de même. Cest au cours de lété 1954 quil trouve lhomme quil lui faut. Il sagit dun jeune camionneur, originaire de Tupelo, Mississipi. Son nom « Elvis Aaron Presley ». Il lenregistra le 5 juillet 1954 en compagnie de « Bill Black » (bassiste) et de « Scooty Moore » (guitariste). Cest à ce jour précis que le « Rockabilly » est né, étant un emprunt à la Musique Country et au blues noir, cest à dire une synthèse du « Hillbilly Boogie » et du « Rock n Roll » qui avaient été popularisés par « Bill Haley et Alan Freed ».
La voie est maintenant ouverte à cette nouvelle musique grâce à « Elvis Presley ». Entre 1954 et 1958 le « Rockabilly » domine la Musique Country, il est la concrétisation musicale de la révolte dune classe dâge au sein de la société blanche du sud. Il y aura également un impact sur les jeunes blancs du nord ainsi quen Europe. Le « Rockabilly » ne connaîtra en fait quun bref âge dor puisque dès 1957 1958 il se dissout de plus en plus dans le Rock n Roll, en oubliant ses traits caractéristiques. « Sam Phillips » restera une figure de la musique américaine daprès-guerre et sera lobjet dun culte parmi les amateurs.
La Musique Country pendant ce temps-là semble ne plus avoir existé puisque les artistes les plus confirmés enregistrent des morceaux de « Rockabilly ». Lexistence du « Rockabilly » au sein de la Musique Country laura finalement obligée à se renforcer, à se redéfinir et à sadapter.
En effet, de linfluence noire au « Western Swing » , en passant par lusage de la basse claquante et son rythme, les ingrédients du « Rockabilly » ont presque tous existé dans la Musique Country avant son émergence.
Linnovation du « Rockabilly » est son impact commercial ainsi que la sensualité quil dégage. Comme ces éléments sont les caractéristiques des adolescents sudistes, il était incontournable que la Musique Country les englobe tout comme elle lavait précédemment fait pour les autres innovations.
Quelques artistes qui ont marqué le « Rockabilly ». « Elvis Presley », avec la violence de son phrasé, la sensualité de sa voix chaude et son jeu scénique et provocateur lui ont assuré un succès phénoménal. « Jailhouse Rock, Good Rockin Tonight,
». En outre, « Johnny Cash », dans ses chansons, le rythme est important; il est ponctué de solos de guitares électriques. Superbe compositeur, il traitera parfois des problèmes de société. Il reste fidèle à la musique de ses débuts. Pour ce qui est de « Jerry Lee Lewis », son répertoire, il lemprunte aussi bien au « Honky Tonk » quau « Rythm an Blues », mais il noublie pas dapporter sa touche personnelle indélébile. Il a su sadapter au mouvement du « Rockabilly », restant encore aujourdhui un nom important de la Musique Country.
On noubliera pas de citer « Gene Vincent », compositeur du célèbre « Be Bop a Lula ». Par ailleurs, « Buddy Holly » pratique une musique plus douce et tranquille que les autres artistes, mais ceci nempêche pas un rythme effervescent. « Wanda Jackson », Reine incontestable du « Rockabilly », elle a su se maintenir au premier plan de la Musique Country au moyen de ballades « In The Middle Of Heartache » et dune reconversion au gospel.
La période de 1954 à 1958 demeure un des moments les plus créateurs de lhistoire de la Musique Country. Face à la concurrence du « Rockabilly », le monde de la Musique Country réagit en sengageant dans la voie de la commercialisation à outrance, créant le « Nashville Sound ».
Sixième partie
Nashville sound
Depuis toujours, le désir pour certains artistes de paraître urbain ou encore, de coller le plus possible aux variétés américaines, était en germe dans la Musique Country. Ce sentiment est très fort après-guerre; limmigration, lindustrialisation dans les villes du nord permettent aux chanteurs datteindre un nouveau public, à priori rebuté par la musique dorigine rurale.
Dès la fin de la guerre, nombre dartistes sudistes ont commencé à adopter des sonorités plus douces, commerciales, easy listening (faciles à écouter). Ceci leur a valu dailleurs le surnom familier de Country Crooners , puisquils essayaient de faire concurrence aux vrais crooners comme « Frank Sinatra ou Frankie Laine ». Les « Country Crooners » ont eu un parcours traditionnel, mais la vie, les goûts personnels leur ont permis délargir leur audience.
Le premier véritable « Country Crooner » est « Eddy Arnold ». Il entreprend sa carrière en 1944 (de 1937 1944, il agit comme chanteur de « Pee Wee King »). Cest en faisant de nombreux efforts pour se débarrasser de son image rural (accent, jeu de scène), et cest en étant lun des premiers à sélancer dans un style urbain et policé, quil pourra déborder amplement le public de la Musique Country.
Même si « Clyde Red Foley » a des racines rurales plus ou moins prononcées, ses réels efforts lui ont permis dêtre considéré comme un « Country Crooner ». Ce sont avec des pièces comme « Mississipi, Midnight » quil a connu un gros succès, simposant ainsi comme le Gentleman de la Musique Country.
Sinvestissant corps et âme dans la guitare, « Chet Atkins » met au point un jeu à quatre doigts ultra sophistiqué et complexe. Dès 1950, ce jeu de guitare lui permet denregistrer pour RCA. Son talent incontesté lui permet de devenir laccompagnateur le plus demandé au « Grand Ole Opry ». Pour louverture dun bureau permanent à Nashville, RCA choisit naturellement « Chet Atkins » pour en prendre la direction. Il rassemblera les musiciens, soccupera des arrangements et des séances. Il sera principalement entouré des mêmes musiciens de Nashville dont : « Hank Garland et Grady Martin » (tous deux guitaristes), « Floyd Cramer » (pianiste), « Bob Moore » (bassiste), « Charlie McCoy » (harmoniciste). Ils deviendront les premiers musiciens de studio à Nashville. Une longue amitié et une pratique musicale commune et ancienne leur permettent de constituer un clan fraternel qui saura simposer à Nashville.
Ce « Nashville Sound » est une musique perfectionniste, élégante, légèrement marquée par le jazz mais également décontractée et facile à écouter. Le professionnalisme de ces musiciens vont leur assurer une omniprésence quasi écrasante. Le succès commercial que « Chet Atkins » recherche, il lobtiendra avec « Eddy Arnold ». Il poursuivra dans cette même voie, en capturant tout ce qui rappelle trop les origines rurales de la Musique Country, renforçant ainsi le rythme avec une double ligne de basses (contrebasse, basse électrique).
Face au « Rock n Roll » « Chet Atkins » apparaît comme le seul espoir de Nashville. Il décide alors de se lancer dans deux directions. Tout dabord, il accueillera tous les amateurs de variétés qui ne se reconnaissent pas dans le « Rock n Roll ». Puis, il récupéra les artistes du « Rockabilly ». Il commercialise encore le « Nashville Sound » en y ajoutant des violonades et le chur, au son sophistiqué de ses musiciens de studio.
En compagnie dautres producteurs, « Don Law, Owen Bradley », de la chanteuse « Anita Kerr » ainsi que de quelques musiciens de studio, « Chet Atkins » impose définitivement le « Nashville Sound » au sein comme au-dehors de la Musique Country. Mais au cours des années 1960, la sur-commercialisation du « Nashville Sound » finit par le transformer en une sorte de musique dambiance aseptisée
cest pourquoi « Chet Atkins », lui même, prônera un retour à la tradition.
Le « Nashville Sound » en donnant une teinte urbaine et policée à la Musique Country, lui a donné aussi lhonorabilité que les hillbillies souhaitaient eux-mêmes acquérir. Ceci explique sans nul doute le long succès des principaux artistes du « Nashville Sound » comme : « Jim Reeves, Marty Robbins, Patsy Cline, Skeeter Davis, Connie Smith
».
Entre le « Rockabilly » et le « Nashville Sound », le « Honky Tonk » a maintenu une présence discrète mais réelle, grâce à des musiciens fidèles aux sources. Ce nouvel « Honky Tonk » a incorporé quelques sonorités à la mode, celles du « Nashville Sound » mais surtout celles du « Rockabilly ». Il délaissera le violon mais la steel guitare atteindra une omniprésence générale. Ceci sera possible grâce à de remarquables musiciens, tels que « Pete Drake, Lloyd Green, Buddy Emmons, Speedy West ou Ralph Mooney ».
Autour de ce « Honky Tonk » , irisé dun soupçon de « Rockabilly » se formera un bloc traditionaliste qui sopposera au « Nashville Sound » et à tous ses excès. De 1958 à 1962, « Ray Price » simposera comme le tenant de la tradition « Honky Tonk » avec « Crazy Arms, City Light, My Shoes Keep Walking To You ». « George Jones » , quant à lui, fortement influencé par « Hank Williams », ne connaîtra le succès quau début des années 1960 à Nashville, où il apparaîtra comme un défenseur farouche de la tradition « Honky Tonk » « The Window Up Above, She Thinks I Still Care, Why Baby Why ». Par ailleurs, « Red Sovine » a créé un genre particulier de la Musique Country, la chanson pour routiers, promus au rang de nouveaux cow-boys sillonnant lAmérique moderne. Son style est très rythmé, ancré dans le « Honky Tonk » , avec de forts emprunts au « Rockabilly » « Giddyup 60, Phantom 309, Teddy Bear ». « Johnny Horton » est connu pour « Honky Tonk Man Style », très proche du « Rockabilly » mais également pour ses sagas historiques « Sink The Bismark, North To Alaska, Battle Of New Orleans ».
Ces artistes et encore bien dautres ont su démontrer par leur succès que la Musique Country, soumise à lélectrochoc du « Rockabilly » puis à lanesthésie du « Nashville Sound » a réussi à conserver un important fond traditionnel qui se révélera être une ressource importante à partir du milieu des années 1960.
Folk
Cest dans les années 1920 1930 que ce phénomène prend ses racines au sein de lintelligentsia de New-York. Ce courant de pensée défend les valeurs jugées fondamentales de lAmérique : liberté, démocratie, autarcie culturelle et économique
Ce phénomène attire de nombreux Countrymen dont « Woody Guthrie ».
Lidéalisme de cette musique est défendu dans les universités du Nord. Le « Folk » est une musique essentiellement acoustique qui devient un véritable moyen de contestation de la société existante. Ses porte-parole sont : « Bob Dylan, Pete Seeger
». Contradictoire, ce mouvement prend ses racines dans la tradition sudiste et de « lOld Time Music » qui prêchaient une culture traditionaliste, conservatrice et ségrégationniste, ce qui est un paradoxe, puisque par ce biais, les Dylan et autres réactionnaires prônent lantiraciste, lidéologie progressiste
Mais ce que lon peut dire, cest que le « Folk boom » a permis au Nord de souvrir aux musiques du sud. Cest ainsi que « lOld Time Music » a réagi, cest « lOld Time Revival » dans les années 1960, avec « Doc Watson » ; mais aussi le « Bluegrass » avec le « Newgrass ». Cest pour ainsi dire, une période qui manque didentité.
The Outlaws
Cest à la fin des années 1960, quen réaction au « Nashville Sound » et contre les Crooners du Country Pop des années 1970 que naît ce mouvement.
Cétaient des musiciens qui prétendaient faire leur propre country et être indépendants du monde de Nashville du point de vue de lécriture, de la production et des arrangements de leur musique. Ce sont souvent des marginaux qui nentrent plus dans les valeurs du country, et qui bien souvent ont fait de la prison, ont été alcooliques
Ils intéressent souvent plus le monde du « Rock », des hippies
Les plus connus dentre eux sont : « Waylon Jennings, Willie Nelson, Kris Kristoferson
» Bien quils renient la Musique Country de cette époque, ils nhésitent pas à revendiquer leurs influences country de cette même époque. Cela nempêche pas un certain succès, mais idéologiquement peu précis.
Heureusement, on sachemine vers une période magnifique : « Le New Country ».
Le New Country
Depuis le début des années 1980 et jusquà nos jours, la Musique Country connaît un engouement considérable, devenant par là même, une industrie fort rentable et prospère. Si comme on a pu le voir, chaque période de 20 à 30 ans a vu naître un style de country nouveau, tout en laissant la place aux anciens, les années 80 marquent une nouvelle ère. En effet, il ne sagit plus là, véritablement dun nouveau style, bien que le côté country rock se fasse une place de plus en plus importante, mais dune nouvelle façon de faire les choses.
Tous les styles de country ont été faits; maintenant, il sagit délever le niveau musical, la qualité du son, etc
Un même artiste peut très bien faire du « Bluegrass » du « Country Rock » du « Honky Tonk », à lexemple de « Garth Brooks » dans son album « Scarecrow » qui réunit quasiment tous les styles de country existants. Cependant, un artiste peut aussi rester dans un style précis, tout comme « Heater Myles » pour le « Honky Tonk ». Le « New Country » est cette émergence de talents nouveaux qui, petit à petit remplacent les stars de lépoque qui, malheureusement disparaissent les unes après les autres, et qui arrivent avec un talent et un niveau musical bien souvent supérieurs. Cest une période qui peut apparaître comme rassurante pour la pérennité de la Musique country, car elle démontre que malgré les mouvements des temps passés, la dureté quelle a subie et ses revers au cours de lhistoire, elle a toujours su réapparaître et revenir sur le devant de la scène, plus forte que jamais. Depuis le début des années 1980, la Musique Country sest étendue au monde entier, notamment en Australie, en Suisse et en Allemagne, mais malheureusement guère en France, bien que la tendance ait lair de sinverser
Souvent critiquée par bien des gens, comme une musique facile et faite à la chaîne, on saperçoit vite que cela nest pas le cas, et bien au contraire, la complexité de certains morceaux, de certaines productions laisserait rêveurs bien des jazzmen. La Musique Country sest beaucoup développée par le biais de lépoque « Folk » des années 60 à 70, et bien souvent ces gens qui pensent connaître ce quest la Musique Country, parce quils connaissent deux artistes et demi affirment que le « New Country » est mauvais. Je leur dirai simplement : écoutez les « Alan Jackson, Darryl Worley », en passant par « Trick Poney, Randy Travis, Travis Tritt, Dixie Chicks » et plusieurs autres; le « New Country » atteint des sommets en qualité et en diversité.
Il est évident que vous trouverez lartiste qui vous fera vibrer. Et encore, cette année a vu apparaître des newcomers, ces nouveaux artistes qui seront la relève de demain, et qui nont rien à envier à leurs prédécesseurs : « Joe Nichols, Kevin Denny
». La Musique Country est aussi une façon de vivre. Il faut bien souvent faire leffort daller au devant dun nouvel artiste, découter plusieurs fois un CD pour sy baigner complètement. La Musique Country est une musique culturelle qui sapprend. Cela demande des efforts, mais quel plaisir de savourer ces mélodies légendaires qui nous ont tous fait rêver un jour ou lautre, et qui nous feront rêver longtemps encore.
Septième partie
Son caractère canadien
La musique country canadienne a généralement suivi le modèle de celle des États-Unis mais elle a aussi développé certaines caractéristiques distinctives. Du fait que les cultures ethniques naient pas été assimilées au Canada comme elles le furent aux États-Unis, le folklore européen et les styles de musique populaire ont eu une influence indéniable sur la musique country,particulièrement dans lOuest. Ces influences sont bien visibles dans la musique des accordéonistes « Gaby Hass (Tchécoslovaquie), Walter Ostanek (Slovénie) et Olaf Sveen (Norvège) » ,des violoneux « Al Cherny et Victor Pasowisty (Ukraine), de la Carlton Showband, de Larry McKee and The Shandonairs et des Irish Rovers (Irlande), ainsi que des Emarald, Polka Dots, Western Senators et D-Drifters 5 (Europe de lest) ».
Les styles vocaux du country canadien diffèrent également de ceux des États-Unis dans la mesure où ils utilisent des accents régionaux. Les chanteurs canadiens ont généralement une voix plus grave et moins nasillarde que leurs collègues des États-Unis, avec une prononciation plus nette, moins nonchalante et escamotée. Le style canadien, particulièrement celui de « Hank Snow et de Wilf Carter » a influencé à son tour plusieurs chanteurs des États-Unis dont Johnny Cash. Les sujets communs aux chansons country des États-Unis que « George Hamilton IV » appelait des fraudes sur lalcool, les femmes et lerrance ne sont pas absents des chansons canadiennes. Cependant, un plus grand nombre de chansons canadiennes restent liées à la tradition de la 'balade de la musique folklorique nord-américaine. Comme beaucoup de ces chansons plaisent également à un auditoire non rural, il existe au Canada une catégorie unique dinterprètes et de compositeurs (sans équivalent important au États-Unis) populaires à la fois auprès des auditoires ruraux et urbains. Parmi ceux-ci figurent « Willie P. Bennett, Roy Forbes, les Good Brothers, Gordon Lighfoot, Murray McLauchlan, Colleen Peterson, Bob Ruzicka, Ian Tyson, Sylvia Tyson, Valdy et Sneezy Waters » dont quelques uns ont cherché à répondre, ces dernières années, aux goûts de lauditoire country en raison du temps dantenne limité accordé au genre folk. En retour, linfluence de la musique folk contemporaine est présente dans les chansons des artistes country « Dick Damron et Gary Fjellgaard ». Beaucoup de chansons country canadiennes ont été endisquées par des musiciens américains. Parmi les plus populaires, on retrouve « Bluebird on Your Windowsill (Elisabeth Clarke), Canadian Pacific (Ray Griff), Countryfield (Dick Damron), Four Strong Winds (Ian Tyson), The Ghost of Bras dOr (Charlie MacKinnon), Im Movin On (Hank Snow) » pour ne nommer que celles-là.
Au nombre des artistes nés au Canada et qui ont connu une carrière fructueuse aux États-Unis se trouvent « Wilf Carter (sous le nom de Montana Slim), Don Devaney, Sonny Green, Ray Griff, Ernie Hagar, Bob Nolan, Stu Phillips, Ronnie Prophet, Bob Regan, Lucille Starr, Hank Snow et Scott Turner ». « Neil Young » a fait de la musique country un de ses principaux intérêts. Il a endisqué et fait des tournées dans ce contexte au milieu des années 1980. Dautres Canadiens connurent des succès sur disque aux États-Unis mais sont restés au Canada ou y sont revenus. Il sagit notamment de « Gary Buck, Tommy Hunter, K. D. Lang, Myrna Lorrie, Anne Murray, Orval Prophet et Joyce Smith (Leave It On Your Mind, 1961). Parmi les interprètes nés aux États-Unis qui ont longtemps vécu, travaillé ou enregistré au Canada figurent « Harold Lone Pine Breau et son épouse Betty Cody, Ronnie Hawkins, Tom Russell et George Hamilton IV, originaire de la Caroline du Nord, qui a été, grâce à ses enregistrements et à ses émissions de télévision, un ardent partisan de la musique country canadienne. Beaucoup de Canadiens ont aussi connu la popularité en Europe dont : « Carroll Baker, Dick Damron et Dallas Harms » entre autres. Certains ont commencé à y faire des tournées au milieu des années 1970. « Lucille Star » et les artistes associés avec létiquette Savannah « Gary Fjellgaard, les Good Brothers, Anita Peras etc
» y ont effectué la première de plusieurs visites à la fin des années 1980. Au début de la décennie suivante, « Lang et Murray » ont conservé leur statut international et plusieurs nouveaux musiciens ou groupes ont commencé à susciter de lintérêt aux États-Unis dont : «Sharon Anderson, Blue Rodeo, Eagle Feather, George Fox, Prairie Oyster, Brian Sklar, Michelle Wright et LoriYates.
Infrastructures médiatiques au Canada
La radio demeura un média utile pour les artistes country jusquau milieu des années 1950, alors que les disques commencèrent à être utilisés de façon généralisée. Ces disques étaient surtout américains, même si la réglementation du CRTC mise en vigueur en 1970 rétablit dans une certaine mesure léquilibre de la programmation. Un sondage mené auprès de quelques 600 stations radio AM et FM au Canada en 1991 a déterminé quau moins 115 dentre elles mettaient au programme un certain pourcentage de country.
La musique country a occupé une petite place à lhoraire de la télévision canadienne depuis 1952 avec « Holiday Ranch » à la SRC. Suivirent dautres émissions de la SRC qui présentèrent en vedette des artistes renommés tels « Messer, Phillips, Ganam, Hunter et Lorrie ». Le « Tommy Hunter Show » a célébré sa 25e année en 1989. Ultérieurement, le réseau CTV offrit plusieurs séries de courte durée, notamment « Cross Canada Barndance », en provenance de Halifax et des émissions mettant en vedette « King Ganam et Ronnie Prophet ». Des émissions relayées par plusieurs stations privées incluaient « At the Caribou de Harry Hibbs (1969 1975), Don Messers Jubilee (1969 1973) et The George Hamilton IV Show (1972 1979), toutes à la station CHCH-TV de Hamilton », ainsi quune suite de séries mettant en vedette la « Family Brown et Ronnie Prophet à CJOH, Ottawa ».
Au Québec, plusieurs interprètes animèrent des séries locales ou régionales, notamment « Louis Bilodeau avec Soirée Canadienne à CHLT, Sherbrooke (1960), Gary Buck, Jerry et JoAnne, Willie Lamothe, Tex Lecor, André Lejeune avec À la canadienne à la station CFTM, Montréal (1972 1977), Lorrie, Ti-Blanc Richard, Ray St-Germain, Brian Sklar, Ian Tyson, Sylvia Tyson » ainsi que plusieurs autres.
Des films documentaires ont été tournés sur « Jean Carignan, Wilf Carter, Cal Cavendish, Willie Lamothe, Don Messer, Anne Murray, Monsieur Pointu et dautres. Le milieu de la musique country a servi dambiance au film dramatique canadien « The Hard Part Begins (1973) » inspiré de la carrière de lauteur compositeur interprète « Cliff Carroll », et à dautres films mettant en vedette « Willie Lamothe et Marcel Martel ».
La couverture de la musique country dans la presse fut, durant plusieurs années, limitée à des articles occasionnels dans les journaux et revues. Des chroniques canadiennes sont apparues dans des publications américaines, même si, détail significatif, une chronique dans la « Country Song Roundup » (années 1950) qualifiait souvent la musique canadienne de musique folklorique. Plus tard, quelques publications canadiennes se spécialisèrent sur le sujet « Country Gentleman » (Toronto, 1965), « Country Music Vanguard » (dabord The Underground, Montréal, 1967 1969, 1971 1987), « World of Country Music » (Toronto 1972 1973), « Country Music News » (Langley, C.-B. 1972 1974), « Down Home » (Orangeville, Ont., 1976 1981), « Country Music Connection » (Edmonton, 1976), « Fan Fair Country Music Magazine » (Saint Catherines, Ont., 1980 1981), plus tard « Jamboree Country Music, Capital Country News » (fondé à Ottawa en 1980 et rebaptisé Country Music News en 1982), « Country » (né à Toronto en 1989) et « Country Wave » (Vancouver 1991) partagent tous leurs articles à des degrés variables entre interprètes canadiens et américains. « RPM, The Record et Country Music News » ont compilé et publié des palmarès de succès country. «RPM et The Record », de même que « Billboard » (New York) sont examinés dans « Country Canada » de Ted Kennedy (Kelowna, C.-B. 1989). Des biographies ont été écrites sur ou par « Carter, Hunter, Lamothe, Messer, Patrick Norman et Ti-Blanc Richard ». Une histoire complète du genre figure dans létude du CRTC « The Country Music Industry in Canada » (Ottawa 1986).
La croissance de la musique country au Canada entraîna la création de plusieurs organismes et événements au cours des années 1970 1980. « La Canadian Academy of Country Music Entertainment » a été fondée en 1975 et a pris le nom de « Academy of Country Music Entertainment (ACME)» en 1976. LAssociation de la musique country canadienne est née en 1986. « RPM » mit sur pied les « Big Country Awards » en 1975. Ils furent abandonnés lorsque les deux organismes précités organisèrent leur propre remise de prix en 1982, mais « RPM » les reprit en 1985. Dautres prix ont été offerts par les regroupements de plusieurs provinces, comme les « Manitoba Association of Country Arts Awards et les British Columbia Country Music Awards » qui datent toutes deux de 1978. Au Québec, le « Willie », ainsi nommé en lhonneur de « Willie Lamothe », a été créé par lAcadémie Country du Québec, fondée en 1987. Dès leurs débuts, les « Juno Awards» et les trophées « Félix » ont eu des catégories country. Les « Juno » pour les artistes et, de 1965 1974 pour les disques. Les « Félix », pour les disques seulement.
Les musiciens country ont également leur temples de la renommée aux niveaux nationaux, provinciaux et régionaux. Le « Hall of Honor de la CCMA » a été établi en 1984 et « Wilf Carter, Tommy Hunter, William Harold Moon (de BMI Canada) et Orval Prophet » y ont été les premiers admis, suivis de « Don Messer et Hank Snow (1985), Papa Joe Brown (1986), Lucille Starr (1987), Jack Feeney (de RCA, 1988), Don Grashey et Ian Tyson (1989), ainsi que Ron Spaling et Gordie Tapp (1990) ». Le « Canadian Country Music Hall of Fame », mis sur pied en 1981 par Gary Buck ouvrit à Kitchener, Ont., en 1989 avec ladmission de « Brown, Carter, Messer, Snow, Starr, Tyson, Maurice Bolyer, Charlie Chamberlain, Al Cherny, King Ganam, Ray Griff, Dallas Harms, Earl Heywood, Myrna Lorrie, les Mercey Brothers, Bob Nolan, Marg Osborne, les Rhythm Pals et Gordie Tapp » dans la catégorie des musiciens, ainsi que « Feeney, Moon, Larry Delaney (rédacteur en chef de Country Music News), Don Grashey et Hank Smith (premier président de la Canadian Academy of Country Music Entertainment) » dans la catégorie des constructeurs. Des temples de la renommée ont été érigés dans la vallée de lOutaouais en 1981 et au Nouveau-Brunswick en 1983. Dautres existaient en Alberta et en Saskatchewan en 1990. Le « Canadian Hall of Fame » possède son propre lieu dexposition, mais la plupart des temples le sont de nom seulement.
Entre autres organismes canadiens, « lOldtime Country Music Club of Canada » a été établi par « Bob Fuller » au « Blue Angel », un bar de Montréal ouvert en 1966. En plus des cérémonies de remise de prix de la CCMA et des activités de la Semaine de la Musique Country, on retrouve certains événements notables dont plusieurs festivals et concours, « Le Big Valley Jamboree » fondé en 1983 à Craven, Saskachewan, a attiré des foules de 50 000 personnes venues applaudir des musiciens du Canada et des États-Unis, ce qui en a fait lun des plus importants festivals country au monde. Parmi les événements plus petits, « lAll Star Country Music Picknic and Rodeo » établi en 1977 à Innisfall, Alberta, et le « Gatineau Clog » de Wayne Rostad, fondé en 1980 à Tucker Lake, près de Low, Québec, ont connu une certaine popularité, tout comme le « Canadian Open Old Time Fiddlers Contest », né en 1951, ainsi que le « Canadian Open Country Singing Contest », mis sur pied en 1975 à Simcoe, Ont.. On a également pu entendre de la musique country à plusieurs festivals folk, dans le cadre, au cours des années 1980, dun retour aux sources dans la programmation.
Huitième partie
La danse country
Un moyen dExpression corporelle mais aussi culturelle